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Collections ornithologiques

 


Musée George-Sand
et de la Vallée noire

À La Châtre (Indre), le musée George-Sand et de la Vallée noire abrite une importante collection d'oiseaux naturalisés. Riche d'environ 3 000 pièces, cette collection n'est pas totalement accessible au public. Seuls 400 spécimens sont aujourd'hui exposés dans des vitrines thématiques : rapaces, oiseaux de mer, canards, oiseaux exotiques, oiseaux de Brenne ou de la vallée de la Creuse…

 

Musée George-Sand et de la Vallée noire


   Cette présentation didactique, bien que limitée par la fragilité des spécimens, met en valeur une collection fort intéressante par l'extrême diversité des oiseaux, la présence d'espèces aujourd'hui disparues : Perruche de la Caroline du Sud (Conuropsis carolinensis), Eider du Labrador (Camptorhynchus labradorius), Pigeon migrateur (Ectopistes migratorius)… et par son histoire.

 

Musée George-Sand, La Châtre

 

Espèces disparues

 

Les oiseaux sont présentés
dans des vitrines thématiques.

 

Des espèces disparues :
Perruche de la Caroline du Sud (Conuropsis carolinensis)
et Canard du Labrador (Camptorhynchus labradorius).

Les oiseaux du musée George-Sand ont été réunis à Abbeville (Somme) dans la seconde moitié du 18e  siècle et dans la première du 19e  siècle par les Baillon père et fils.
   Jean-François-Emmanuel Baillon, le père (1742-1802) était avocat et bailli de Waben ; il consacrait tout le temps libre que lui laissait sa charge à l'étude de l'histoire naturelle et correspondait avec les plus célèbres naturalistes de son époque comme Buffon, Cuvier et Daubenton. Il étudia particulièrement les oiseaux de mer présents sur la côte picarde. La plupart des spécimens que l'on voit au Muséum ont été préparés par lui. Baillon a commis divers ouvrages dont un Mémoire sur les causes du dépérissement du bois et les moyens d'y remédier et un autre Sur les sables mouvants qui couvrent les côtes du département du Pas-de-Calais et les moyens de s'opposer à leur invasion.

Son fils, Louis-Antoine-François Baillon naquit à Montreuil-sur-Mer en février 1778. Plongé dès son plus jeune âge dans ce grand bain naturaliste, il partagea très vite la passion de son père pour les sciences. À vingt ans, Louis Baillon vint à Paris occuper le poste d'assistant naturaliste au jardin des Plantes, fonction qu'il abandonna en 1802, à la mort de son père, pour revenir à Abbeville. Il devint alors le correspondant de Bonelli, de Geoffroy-Saint-Hilaire, du prince de Neuwield… et sa réputation égala rapidement celle de son père. Il poursuivit et développa considérablement la collection d'oiseaux initiée par ce dernier, la portant à 6 000 pièces. C'est par l'achat ou surtout par échange contre des espèces de la région d'Abbeville que les Baillon obtinrent des oiseaux des principaux voyages de découverte de l'époque et des premières navigations autour du monde.
   À travers la lecture des étiquettes écrites de la main de Louis Baillon, collées sur les socles des oiseaux du musée, transparaît toute l'histoire des grandes explorations de la fin du 18e siècle et du début du 19e siècle : par exemple, Labillardière à la recherche de La Pérouse, voyage de L'Astrobale, de La Coquille, Dumont d'Urville à la terre Adélie, « acheté sur une prise anglaise provient de Québec » (guerres de Napoléon), « un oiseau d'Australie abîmé par suite du naufrage du bateau sur les côtes d'Amérique du Sud »…

 

Louis Baillon (d'après B. & R. Mearns, Biographies for Birdwatchers, Londres, London Academic Press, 1988).

Louis Baillon,
d'après B. & R. Mearns, Biographies for Birdwatchers,
Londres, London Academic Press, 1988.

Louis Baillon mourut à Abbeville le 3 décembre 1855. Sa collection fut alors partagée en deux parties : l'une à Mme Delf, collection de 3 000 oiseaux qui n'existe plus – stockée dans une cave humide, les spécimens ont fini par pourrir ! La seconde partie, de 3 000 oiseaux également, est allée à son autre fille, épouse de Philippe Bernard, médecin de médecine générale qui exerçait à La Châtre. Elle échut finalement par héritage à l'arrière-petit-fils de Louis Baillon, Philippe Léonce de Beaufort, grand officier de la Légion d'honneur, général de division (1825-1890) qui la légua à la Ville de La Châtre en 1888.
   En reconnaissance de son travail, on a donné le nom du naturaliste à trois espèces d'oiseaux : la Marouette de Baillon (Porzana pusilla), le Puffin de Baillon (Puffinus lherminieri bailloni), endémique de l'île de la Réunion, et le Toucan de Baillon - ou Araçari - (Baillonius bailloni). Louis Baillon publia les Catalogues des mammifères, oiseaux, reptiles, poissons et mollusques de Picardie et collabora à la Flore du département de la Somme et des environs de Paris de C. Pauquy (1831).

Situé rue Venose à La Châtre, le musée George-Sand est ouvert :
   – de 9 heures à 12 heures et de 14 heures à 17 heures du 1er octobre au 31 décembre et du 1er février au 31 mars (fermé en janvier),
   – de 9 heures à 12 heures et de 14 heures à 19 heures du 1er avril au 30 septembre,
   – de 9 heures à 19 heures sans interruption en juillet et août.
Fermé le mardi, sauf en juillet et août.
   Tél. 02 54 48 36 79.


 

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